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La Réunion
Son portrait culturel
Publié le 2 septembre 2011
Modifié le 31 juillet 2014

Les 828 581habitants (2011) de cette île de 2500 km² font vivre une culture originale traversée des influences multiples de l’Europe, l’Afrique, l’Inde, la Chine, l’océan Indien, à 9500 km de la métropole.

La dynamique de la création et de la diffusion

Le paysage artistique est dominé par les musiques actuelles qui comptent 200 à 300 groupes allant des professionnels confirmés aux semi-amateurs, beaucoup s’exprimant à partir de musiques traditionnelles modernisées par les musiques amplifiées (Davy Sicard, Zong, Nathalie Natiembé, Christine Salem). La littérature a connu un développement puissant dans les années 1980 et le début des années 1990 : Jean François Samlong, Axel Gauvin pour le roman, Boris Gamaleya pour la poésie. De jeunes auteurs tels que Pierre Louis Riviere, Francky Lauret, Joelle Ecormier ou Bernadette Thomas participent aujourd’hui à l’essor de la littérature réunionnaise, avec des maisons d’édition locales bien vivantes et plusieurs librairies importantes. Les femmes sont de plus en plus présentes dans une production éditoriale foisonnante, notamment en ce qui concerne la littérature jeunesse. La danse connaît une dynamique créative notable avec plusieurs compagnies chorégraphiques professionnelles. La création théâtrale a enregistré un élan dans les années 1980 avec le Théâtre Vollard et Talipot dans les années 1990 ; une dizaine de compagnies travaillent actuellement, dont les compagnies Théâtre des Albert et Acte 3.

L’île dispose d’une vingtaine de salles de spectacles bien équipées, avec un Centre dramatique régional (Centre dramatique de l’océan Indien à Saint-Denis), deux Scènes conventionnées (le Théâtre des bambous à Saint-Benoît et le Séchoir à Saint-Leu), deux scène de musiques actuelles (le Bato Fou à Saint-Pierre et le Kabardock au Port), un Office départemental de la culture (ODC) qui gère deux théâtres (Champ fleuri à Saint-Denis et le Théâtre de plein air à Saint-Gilles), le reste étant constitué de salles communales. Il s’y s’ajoute un centre de ressources, le Pôle régional des musiques actuelles (PRMA). La présence des bibliothèques publiques est fortement marquée dans le paysage culturel avec deux bibliothèques du Département, vingt bibliothèques municipales complétées par quinze annexes et huit médiathèques. Le commerce du livre connaît une grande diversité dont témoignent 48 points de vente regroupant magasins de grande enseigne culturelle, libraires indépendantes et grande distribution, auxquelles s’ajoute désormais une librairie en ligne spécialisée dans les éditions de l’océan Indien.

La création cinématographique est représentée essentiellement par le court métrage. La production audiovisuelle est significative grâce à une politique volontariste de soutien initiée par la Région et appuyée par l’Etat. L’exploitation a connu récemment un développement important du fait de la création de deux multiplexes. Quatre structures oeuvrent dans le domaine de l’art contemporain : le Fonds régional d’Art contemporain (FRAC), l’Artothèque départementale, le Lieu d’art contemporain à Saint-Pierre et la Galerie Gounod à Saint-Denis.

L’originalité du patrimoine

Située à l’écart des principales voies commerciales sur la route des Indes et pratiquement inexplorée jusqu’en 1665, date de sa cession à la première Compagnie des Indes orientales, l’Ile de La Réunion conserve de nombreux sites patrimoniaux dignes d’intérêt.

Qu’il s’agisse des biens de la Compagnie (ancienne loge de Mahé de La Bourdonnais, ex collège Saint-Cyprien aujourd’hui préfecture, Jardin de l’Etat à Saint-Denis, Hôtels de ville de Saint-Paul et Saint-Pierre) ou de ceux de l’administration royale (poudrières ou batteries militaires, monuments du centre ancien de Saint-Leu, domaines caféiers tel celui de Maison Rouge sur la commune de Saint-Louis ou encore maints chemins pavés), les exemples de cette première période de peuplement sont encore relativement nombreux eu égard au nombre d’habitants évalué à 70 000 au début du XIX ème siècle (894 en 1708 !). Avec l’indépendance de Saint-Domingue et l’abandon de la culture du café et des épices qui sera remplacée par celle de la canne à sucre vers 1815, l’île connaît alors un développement fulgurant puisque, dès 1820, on y compte déjà 91 sucreries. Elle exporte alors 4 500 tonnes de sucre vers la métropole (la production atteindra 72 000 tonnes en 1860).

Parallèlement à cet essor économique, l’architecture publique et privée ainsi que l’ensemble des infrastructures connaissent une expansion considérable immortalisée par les lithographies de Potémont, Roussin ou d’Hastrel de Rivedoux, les aquarelles des Patu de Rosemont et les importants fonds photographiques disponibles. Chaque ville du littoral ou village des Hauts abrite de nombreux témoignages de cette période qui forment le corpus du « patrimoine créole ». Près de 5 000 cases traditionnelles, 3 000 petits « Bon Dié » et plus de 200 usines ont été répertoriés. 150 d’entre eux sont protégés au titre des monuments historiques. Mais le siècle qui a eu le plus d’impact sur le paysage réunionnais est sans aucun doute le XX ème avec une multiplication sans précédent dans l’histoire de l’île du nombre de constructions et l’introduction de matériaux -donc de formes nouvelles- qui ont généré à partir des années 1960-1970 un habitat original. Quelques architectes, dont Jean Bossu, se distinguent particulièrement tant pour ce qui concerne les maisons individuelles que les équipements administratifs construits après la départementalisation.

Le patrimoine immatériel reste très vivant, notamment dans le domaine musical : maloya d’origine malgache ou séga issu des sonorités européennes des danses de salons mêlées aux pratiques festives créoles. Le conte est très présent malgré les transformations profondes de la société. La langue créole reste extrêmement vivace ; elle est présente dans tous les domaines d’expression littéraire.

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