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70ème anniversaire du premier vote des femmes

Publié le 29 avril 2015

"Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes". C’est par ces mots que l’ordonnance du 21 avril 1944, prise par le Gouvernement provisoire du général de Gaulle à Alger, instaure le droit de vote des femmes en France.

Les françaises ont voté pour la première fois le 29 avril 1945, aux élections municipales. 70 ans plus tard, le ministère de l’Intérieur commémore cette date symbolique dans l’histoire de la démocratie.

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Message du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve

« Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». C’est par
ces mots que l’ordonnance du 21 avril 1944, prise par le Gouvernement provisoire du général De
Gaulle à Alger, instaure le droit de vote des femmes en France. Un an plus tard, nombreuses sont les
Françaises qui se rendirent pour la première fois aux urnes, et ce tout au long de l’année 1945 : le
29 avril et le 13 mai pour les élections municipales, en septembre pour les élections cantonales puis
le 21 octobre pour l’élection d’une Assemblée constituante. Plusieurs femmes furent élues maires,
33 devinrent membres de l’Assemblée nationale constituante.

Cet élargissement du droit de vote, voulu par Olympe de Gouges dès la Révolution française, et si
longtemps attendu, marque une étape majeure dans la longue marche de notre démocratie vers
l’égalité entre les femmes et les hommes. Le ministère de l’intérieur et son réseau préfectoral,
placés depuis toujours au coeur de l’organisation des élections et de nos institutions républicaines, se
doivent de s’associer pleinement à cette commémoration.

Cet anniversaire est également l’occasion de mesurer ensemble le chemin parcouru au cours des 70
dernières années. Comme l’illustrent les témoignages des femmes qui vécurent ce moment, l’aprèsguerre
fut une période de profonde transformation de la société et a constitué un terreau fertile à
bien des égards pour l’accession progressive des femmes à l’égalité civile et professionnelle.

Dans tous les domaines, les progrès réalisés depuis les prémices de la Vème République sont
notables. Ainsi en est-il par exemple du droit d’exercer une activité professionnelle sans
l’autorisation du mari, en 1965, des droits à la contraception, en 1967, et à l’avortement, par la loi
Veil, en 1975.

Ces progrès restent toutefois à parachever. Les inégalités persistantes entre femmes et hommes
justifient une pleine mobilisation de chacune et chacun d’entre nous.

L’introduction de la parité dans notre système électoral, par une modification de la Constitution en
1999, fut un jalon crucial du long processus visant à renforcer la participation féminine à la vie
politique qui n’avait, pendant 50 ans, que trop peu évolué. Il a fallu, au fil des ans, durcir les lois
pour améliorer une situation qui reste aujourd’hui très insatisfaisante.

La composition de nos assemblées n’en témoigne que trop. Seuls 26,4 % des députés et 25,5% des
sénateurs sont aujourd’hui des femmes. En 2014, plus de 209 000 femmes furent élues dans
l’ensemble des conseils municipaux, soit environ 40%, mais les mairies et intercommunalités
restent dirigées respectivement à 84% et 92% par des hommes. Seuls les résultats des élections
européennes et régionales s’approchent de la parité, grâce à des contraintes désormais plus strictes.
La présidence des conseils régionaux est néanmoins encore rarement confiée à des femmes. En
mars dernier, une innovation, le scrutin binominal paritaire, a permis d’élire 50 % de femmes aux
élections départementales. Mais sur les 101 départements, seules 10 présidences leur ont été
confiées.

Ces chiffres attestent que, malgré d’indéniables avancées, l’égalité entre hommes et femmes reste
un combat d’actualité. Le soixante-dixième anniversaire du premier vote des femmes est un
moment important pour notre République. Il doit être l’occasion de réaffirmer notre mobilisation et
d’inviter les jeunes générations, femmes et hommes, à s’emparer de cette cause. Le bulletin glissé
dans l’urne le 29 avril 1945 rappelle que le droit de vote a été l’objet d’une conquête, le résultat
d’une lutte, pour les femmes comme, avant elles, pour les hommes.

Alors que les jeunes générations s’abstiennent davantage que leurs aînées, percevant sans doute le
droit de vote et l’égalité civique comme acquis et irrévocables, il importe qu’elles soient attentives à
la place de ces acquis dans leur identité, tant citoyenne que sociale. Il appartient à chacun d’entre
nous de rappeler que le concours actif à la vie citoyenne est indispensable, et qu’il participe de la
solidité de notre démocratie et scelle le vivre-ensemble.

Il nous appartient à toutes et tous de continuer à faire évoluer les représentations, de combattre les
stéréotypes, et de promouvoir inlassablement l’égalité réelle.

Bernard CAZENEUVE

 

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